Traitement

Le traitement des déchets liquides ou solides à teneur en hydrocarbures élevée (plus de 15 %) peut être assuré par recyclage en station de déballastage ou par incinération en centre collectif, en cimenterie, éventuellement, par dérogation, en unité d’incinération des ordures ménagères.

Les stockages oubliés

Lors du naufrage de l’Erika, les médias on révélé la persistance de quelques stockages de déchets de marées noires antérieures. Il s’agissait de stockages dits « définitifs », tombés dans l’oubli. Ce concept ancien de centre de stockage définitif de déchets de marée noire ne fait plus partie des plans Polmar : ce qui sort des stockages intermédiaires doit maintenant être acheminé, après tri par catégorie de produits:
• pour une petite partie, directement vers des centres de traitement agréés par la législation en
vigueur (ex : incinération de cadavres d’oiseaux);
• pour la majeure partie, vers des centres de stockage intermédiaire, à partir desquels ces produits ont vocation à être traités.

Les traitements sont effectués sur le site même du stockage intermédiaire pour certains produits ; après tri et acheminement vers des centres de traitement de déchets spécialisés pour d’autres. Ces traitements ont pour objet de recycler ou de détruire tout ce qui peut l’être et de transformer le reste en déchets ultimes au sens strict de la législation en vigueur c’est-à-dire tout ce qui ne peut pas être recyclé ou détruit. Les déchets ultimes ont vocation à être reçus en centres de stockages spécialisés.

En savoir plus

La destruction des produits aquacoles

Le développement de l’aquaculture littorale a généré dans plusieurs marées noires récentes un nouveau type de déchets : les produits aquacoles dont le goût s’est trouvé temporairement altéré et qui ont fait l’objet d’une décision de destruction au titre de la protection des consommateurs. Les quantités en jeu peuvent être très importantes : près de 9 000 tonnes de coquillages lors de l’accident de l’Aegean Sea en Espagne (1992), plus de 5 000 tonnes de saumons dans l’accident du Braer aux Îles Shetland en Grande-Bretagne (1993).
En l’absence de réglementation, les solutions d’élimination ont été spécifiques à chaque cas, allant de la réutilisation en alimentation animale (pour des élevages de visons, dont la chair n’est pas consommée par l’homme) à la mise en décharge avec enfouissement après traitement à la chaux www.ipieca.org

 

 

stockage oublié du Torrey Canyon
Stockage oublié du Torrey Canyon, 1980

L’émulsion récupérée en mer, souillée seulement par de faibles quantités de macro-déchets, est l’exemple type de ce qui peut être recyclé. Les galettes épaisses ramassées sur une plage à la pelle, avec plus ou moins d’algues, de sable et de macro-déchets, pourront être recyclées ou incinérées

Les matériaux à teneur en hydrocarbures faible doivent faire l’objet d’une stabilisation à la chaux en fosse de stockage intermédiaire, en centrale ou sur plate-forme. Les entreprises du bâtiment et des travaux publics utilisent ensuite les matériaux stabilisés ainsi pour la construction de routes et de remblais. Mais cette méthode n’est pas exempte de critiques sur la durée de stabilité obtenue. Les traitements biologiques (biorestauration et landfarming) sont très efficaces mais en revanche très longs. Les déchets ultimes, produits inertes ou ne présentant plus que de faibles traces de pétrole, devront faire l’objet d’un stockage ultime dans des conditions évitant tout risque de pollution des eaux superficielles ou souterraines. Cela demandera des sites spécifiquement aménagés et rigoureusement contrôlés. Le retour du sable sur les plages d’où il a été enlevé est parfois revendiqué. C’est en général exclu : il est pratiquement impossible, lors d’une marée noire de traiter séparément le sable de chaque plage et encore moins pensable de remettre sur les plages des sables d’origines diverses.

Erika, Prestige : des unités de traitement exceptionnelles

Pour assurer le traitement final des 270 000 tonnes de déchets souillés produits par le nettoyage du littoral pollué suite à la pollution de l’Erika, le groupe Total a fait construire un pilote, puis une unité spécifiquement adaptée aux besoins de traitement, sur le site de la raffinerie de Donges. La mise au point des techniques et
la construction de l’unité ont demandé 8 mois, de septembre 2000 à avril 2001. L’unité a fonctionné pendant 19 mois, puis elle a été démantelée. En Galice, une unité comparable, plus petite, va traiter les 70 000 tonnes de déchets souillés issus de la pollution du Prestige.

centre de traitement
Centre de traitement des déchets de l'Erika : centrale de lavage de sédiments, mai 2002,  Loire-Atlantique (44)







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